Après la pluie, le… mal aux pieds

14/4/15
On continue notre ascension de Takao. Notre chemin est parsemé de marches, tout plein, et de grands arbres vénérables, tout plein, et de statues en tout genre, tout plein aussi.

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À part le fait qu’il mouillasse encore, c’est vraiment joli.

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On arrive finalement en haut de Takao, trempés dedans et dehors. Et que ça caille, boudiou ! Mais bon, un tanuki tout piti tout mimi (…teux) nous attend près de la table de pique-nique, alors tout va bien.

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Il est tellement mimi que Flo lui donne un biscuit à manger comme si c’était un chat…..sauf que c’en n’est pas. Du coup il lui bouffe le doigt en même temps que le gâteau, le malpoli ! Heureusement, on a un kit de pansement et désinfectant avec nous. Il squatte à côté de notre table tout le long du repas (constitué d’une plâtrée de nouilles à moitié cuites et de tofu).

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Une fois la popote lavée (à la bonne eau gelée des montagne, évidemment), nous voilà repartis mais en descente cette fois-ci : c’est aussi fatiguant que la montée, mais ça va plus vite, surtout quand on glisse dans le chemin rendu boueux par la pluie. Une fois arrivés en bas, et bah ça remonte ! Jusqu’au prochain sommet, et ainsi de suite. On trouve à un des sommets une guinguette, fermée car hors-saison, mais on a pu rencontrer ses habitants.

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Puis, comme on en a plein les pieds, on décide d’écourter notre voyage à travers les montagnes, et on descend vers le patelin paumé le plus proche.

On a grand besoin d’une douche, on suit donc les flèches indiquant un onsen, mais on tombe sur son jour de fermeture, pas de bol. Mais là, complètement crevés, que voit-on pas ? Une dame qui sort promener son chien. On lui demande où se trouve le sento ou onsen le plus proche, et elle nous dit : « Attendez un instant que je j’aille promener mon chien ». Certes. Donc on attend bien sagement sous le porche à l’abri de la pluie. Après 3 minutes à tout casser, elle revient et là on comprend qu’elle veut nous emmener en voiture ! Ça tombe bien, parce qu’on est trop fatigué pour chercher, et qu’en plus on a plein de cadeaux en tout genre à distribuer pour alléger les sacs. Donc quelques bonbons et remerciements plus tard, nous voici arrivés au Forest Plaisure. C’est un parc d’attractions avec un bâtiment à côté exprès pour onsen et relaxation.

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Il y a même un resto. Pile poil ce qu’il nous fallait ! On enfile nos bracelets avec code-barres (on bip quand on veut un truc ou accéder à un espace pas compris dans le prix d’entrée, et on paie quand on part) et c’est parti ! Bah c’était tellement bien qu’on est resté genre 5 heures. Tout relaxés et propres, on peut maintenant chercher un endroit où dormir. On n’a pas loin à aller : derrière le bâtiment du onsen, on trouve un coin avec des arbres. On monte la tente avec une petite frayeur vers la fin : comme il fait nuit et qu’on utilise une lampe, j’ai peur qu’on nous ait repérés, car une voiture de patrouille passe et repasse. Mais non, c’est pas pour nous. Bonne nuit.

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15/4/15
Levé matinal à 6h pour éviter d’être vus en sortant du parc. Direction les toilettes

un truc sur le mur des toilettes

mais à peine sortis de nos buissons revoilà la patrouille qui se dirige vers nous. Cette fois on est cuit, je prépare déjà mes excuses mais elle tourne subitement à 30m puis s’éloigne sans nous voir. Le conducteur n’est vraiment pas réveillé…
Une fois sortis du parc, nous décidons d’écourter notre marche à cause de la météo même si elle s’est nettement améliorée mais aussi parce que Flo à un peu mal aux jambes et parce que j’avais prévu le parcours en fonction de mes capacités et non des siennes.
Ainsi, nous allons prendre le bus pour écourter la rando de 3 jours environ et nous rendre directement au lac Yamanakako au pied du Fuji-san, nous laissant ainsi seulement 2 jours de marche pour atteindre Hakoné.
Une fois au lac, le paysage n’a rien d’extraordinaire et le Fuji n’est pas encore visible, nous partons.

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Le problème c’est que j’ai mal enregistré l’itinéraire de Yamanakako à Hakone sur mon GPS, du coup, on part en ligne droite vers notre prochaine étape.
Au début, c’est sympa, à travers les rues de la ville puis ça devient de plus en plus difficile de trouver un passage dans la bonne direction et on se prend un bel orage. Bien couverts et au sec, nous continuons notre chemin pour tomber sur une grande route, j’ai beau regarder sur le GPS, il n’y en a pas d’autre. C’est la seule route qui mène à Hakone, il n’y a pas de trottoir, la circulation n’est pas trop dense et on en a pour 2 heures. Heureusement, il y a de la lecture sur place.

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Arrivés aux abords de Subashiri, nous trouvons une petit forêt, idéal pour y mettre la tente, avec vu sur le Fuji rêveur.

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16/04/2015
Au matin, un beau ciel bleu nous accueille, enfin ! Le Fuji est là, dans son ensemble, c’est beau.

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Mais ça ne fait pas tout, Flo a toujours mal aux pieds, il faut raccourcir encore un peu la marche en prenant le bus. On n’y perd de toute façon rien, puisqu’il nous fallait encore suivre la nationale 138 jusqu’à Gotenba, là où commence l’ascension à travers la montagne qui nous sépare de notre prochaine étape.
À Gotenba, dégustation de katsudon et kare-hambaagaa, puis office du tourisme. L’hôtesse de ce dernier nous dit qu’il serait plus facile de continuer sur la 138 car la route de la montagne est raide. Mais quel intérêt de marcher sur la route ? En route pour la montagne !
On continue donc encore un peu sur la 138 qui en effet monte dur. Au bout d’une heure et plusieurs points de vue, nous atteignons le petit sentier qui commence le parcours dans la forêt. Quand l’hôtesse parlait de pente raide, elle ne parlait évidemment pas de la 138. Nous somme devant un chemin au moins à 30℅, dès les premiers pas on sent les jambes qui chauffent ; après 15 min, nous faisons déjà une première pause…

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Après une petite heure, nous quittons le chemin bétonné et entamons le parcours sur un sentier qui ressemble plutôt à un lit de rivière. Le sentier est assez sympa et monte sans arrêt. Au moins, ça optimise le taux d’ascension et en 1h30, nous sommes au sommet ; il est 17h30.
Au sommet, pas de vue possible sur le Fuji car il y a trop de nuages, mais de l’autre côté, c’est plutôt joli.

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Au sommet, il y a également une maison abandonnée, en mauvais état. Au dessus de la porte, Otome Chaya, « maison de thé de Otome ». C’est trop tentant, on y rentre. La porte est ouverte et à l’intérieur il y a énormément de choses dans tous les sens. Il y a une cannette de bière vide sur la table, des bouteilles de whisky, des alcools maisons, des vêtements… Quelqu’un vit-il encore là ? Bien qu’il y ait un « lit », la couche de poussière montre qu’il n’y a plus personne depuis longtemps. C’est toujours étonnant de voir des maisons laissées telles quelles après la mort de ses habitants. Mais ça s’explique qu’au Japon, les déménagements coûtent très chers (surtout en haut d’une montagne) et personne n’irait acheter des objets appartenant à un défun, dont l’esprit risquerait de les hanter.

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C’est ce qui fait le « charme » des haikyo, les bâtiments abandonnés du Japon, dont souvent tout est resté figé tel quel depuis plusieurs décennies.
Il est trop tard pour repartir, ici le soleil se couche vers 19h, nous trouvons un seul endroit plat aux abords de la maison, nous y montons la tente. Dans la maison il y a trop de bazard pour s’installer.

(Envoyé de Matsusaka)

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5 réflexions sur “Après la pluie, le… mal aux pieds

    1. C’est Flo la petite nature, moi y a aucun probléme. Comme elle ne peut plus faire de grandes randonnées, ça complique les choses, puisque notre voyage était composé que de ça… Il faudrait remplacer le couchage « tente » par de l’hôtel. Du coup, on réorganise le voyage.

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  1. La pente raide m’a fait penser à celles que j’ai eu le loisir de traverser lors de mon trek dans les montage de Sapa (Vietnam) Faut être sportif de base :p et heureusement qu’avec ma pote on avait croiser un allemand sympa pour nous aider à descendre quand c’était un peu hard :p

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  2. Oh un TanukHino ! Mêmes poils, même comportement x)

    « On trouve à un des sommets une guinguette, fermée car hors-saison, mais on a pu rencontrer ses habitants. » –> Deux chats !

    Ça fait plusieurs fois que je vois la remarque, mais du coup les règles sont les mêmes qu’en France pour passer des nuits dehors ? (pas dans les villes, pas dans les lieux publics, …) ? [C’est un ver-marteau votre truc ?)

    Votre lecture a l’air… étrange !

    Les haikyo ont l’air pratiques, malgré leur définition.

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    1. Comment ça, il est pas miteux mon Nono ›.‹
      Et oui, quand c’est pas la saison, ya personne, à part des chats.
      Le camping sauvage n’est pas apprécié non plus au Japon.

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