Fin de la première manche

12/4/15
Comme j’aime les choses traditionnelles de tous les jours, l’idéal pour en trouver, ce sont les vides-greniers. Comme en France, il y a beaucoup de vide-greniers et de brocantes, mais ici la distinction entre les deux ne semble pas être faite. On m’avait conseillé le vide-grenier du temple de Yasukuni, qui se tient un dimanche sur deux. J’ai de la chance, je suis tombé sur la bonne semaine ; c’est parti !

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Il y a pas mal de choses variées, on trouve de tout, il y a une soixantaine de stands. Des pièces de monnaie, des pipes japonaises, des vêtements traditionnels, des kakemono, des céramiques,etc. Par contre, tout semble assez cher, et pour cause : c’est connu, c’est au centre de Tokyo et c’est plein de touristes. Les brocanteurs (car finalement ça semble être des vendeurs professionnels) auraient tort de se priver.

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Il y a pas mal de choses qui me plaisent mais c’est cher et surtout il faudra que je me les trimballe dans le sac pendant 3 mois. Je résiste, je résiste mais cette jolie petite boîte semble si légère. C’est une himitsu bako : une boîte mystérieuse. Je connaissais déjà ces boîtes où le principe est simplement de trouver comment l’ouvrir. Le nombre d’étapes varient d’un modèle à l’autre, pouvant aller jusqu’à une vingtaine de manipulations. C’est la seule que j’ai vue, elle vaut 2000¥ et je l’ouvre en une petite minute ; je tente une négociation en japonais en disant qu’elle s’ouvre en seulement 3 étapes, le vendeur n’a plus le choix face à mes compétences et baisse à 1500¥.
J’en profite pour visiter les alentours. Il y a donc le sanctuaire de Yasukuni connu pour être un lieu d’extrême droite. En effet, la boutique juxtaposée vend uniquement des objets aux couleurs de la nation. Je ne me sens pas vraiment à ma place ici…
Juste à côté, le musée dédié aux victimes de la dernière guerre, il est dit que le musée considère les kamikaze comme des héros. Je suis venu vers ce musée espérant voir le fameux A6M Zéro, l’avion japonais le plus connu. Je sais qu’il y en a un dans ce musée.

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Par chance, il est dès l’entrée et il n’est même pas nécessaire de payer pour en faire le tour. Dans la boutique du musée, il y a des drapeaux, des maquettes de chars, des CD de kimigayo (l’hymne national) et même un assortiment de gâteaux sur lesquels sont dessinés les véhicules de l’armée d’auto-défense du Japon.
Pendant ce temps-là, Floriane est clouée au lit. Elle me rejoint vers 17h pour aller passer la soirée chez un ami. Il nous a cuisiné un Hari-hari nabé, et malgré tous les super restos qu’on a fait, c’était de loin le meilleur repas qu’on ait eu jusqu’à présent. Merci Naoya, on t’aime 🙂

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Après une très bonne soirée, on est rentré à l’hôtel préparer nos sacs pour notre dernière nuit à Tokyo.

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13/4/15
Notre check-out étant à 10h, on se dépêche de finir de ranger les sacs, prendre une douche, et grignoter. On profite du wifi de la salle commune pour un dernier check de ce qu’on va faire  aujourd’hui : musée du cerf-volant, trouver une bouteille de gaz pour le camping et savoir quel train on doit prendre pour aller au mont Takao.
Le musée est sympathique même s’il ressemble plus au grenier d’un fan de cerf-volant qu’autre chose. C’est tout petit, et il y en a jusqu’au plafond, on ne sait pas où regarder, mais qu’est-ce-que c’est cool ! Il y en a de toutes les tailles, de celui qui prend tout une partie du mur au tout mini de la taille d’un timbre. Il y a même un article plastifié d’un journal français (« Les Gens ») sur une compèt de cerf-volant. Ça manque d’explications en anglais pour certaines choses, mais l’ambiance est agréable.

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Et maintenant, notre quête de la bouteille de gaz sacrée peut commencer. On se dit, le Japon est un pays civilisé, on devrait pouvoir trouver des magasins genre Décathlon facilement et tout, surtout en plein Tokyo avec ses milliers de boutiques en tout genre…que nenni ! Les Japonais font de la randonnée, certes, mais sur un jour seulement, en raison du peu de temps libre qu’ils ont. Ils n’ont donc pas besoin de tout un attirail de survie en milieu hostile. Ne trouvant pas de magasin par nous-mêmes, nous sommes allés demander au koban (poste de police de quartier) le plus proche – vu qu’ils ne servent pratiquement qu’à ça – où trouver du matériel de rando, et plus particulièrement une bouteille de gaz. Après quelques regards étonnés et un peu affolés de devoir répondre à une question inhabituelle, puis une concertation de quelques minutes, ils nous conseillent enfin une boutique de pêche à quelques centaines de mètres. Arrivés à la boutique, il n’y a évidemment pas ce que nous cherchons. Mais la dame de l’accueil a l’air assez sûre qu’on trouvera notre bonheur au grand magasin Mitsukoshi. On rebrousse donc chemin jusqu’au magasin en question – difficile de le rater d’ailleurs, il est gigantesque avec des dizaines de banderoles type fnac sur le côté – qui semble faire surtout des produits de luxe. On est un peu septique, mais bon, il ne faut douter de rien, on est au Japon, et la dame semblait sûre d’elle. On entre par une des nombreuses portes et on décide de demander directement à l’accueil, car l’endroit est bien trop vaste pour qu’on s’embête à chercher. Rebelote pour les explications (ben oui, essayez donc de demander – en japonais évidemment – où trouver une bouteille de gaz qui se visse par dessous spécial rando à des gens qui ne pratiquent pas la rando…). La petite jeune de l’accueil est à fond dedans, elle téléphone à plusieurs personnes dans le magasin, s’excuse de devoir nous faire patienter, me demande de reconfirmer le mode de vissage de l’embout, et finalement  nous regarde avec un grand sourire satisfait de travail accompli en nous disant qu’il faut aller au septième étage, boutique MontBell. C’est une marque assez répandue qui fait des produits pour activités en extérieur.
Floriane reste à l’accueil avec les sacs qui ne feraient pas bon ménage parmi les produits de luxe. En effet, je dois traverser tout le 1er étage (RdC pour les Français) pour atteindre les ascenseurs, partout, il n’y a que des produits de luxe ; bijoux et produits de beauté se succèdent, et moi au beau milieu de tout ça, en habits de rando, le bas de pantalon mouillé par la pluie. J’arrive devant le rayon, je trouve la fameuse bouteille, bien présentée dans son alcôve personnelle, mais pas de vendeur. Il faut se présenter à l’accueil de l’étage pour avoir une vendeuse. Belote et rebelote je lui explique se que je veux, elle semble n’en avoir jamais vu auparavant.
Nous allons chercher ensemble cet objet si difficile à obtenir puis nous retournons à accueil pour le paiement. Là, elle tire un fauteuil confortable et m’invite à m’asseoir. Le Saint Graal est juste là sur le bureau, face à moi. Je règle mon achat, et au moment de le prendre, l’hôtesse disparaît avec derrière un paravent. Mais que fait-elle ? Je veux juste acheter une bouteille de gaz ! Une bonne minute plus tard, elle revient avec un joli petit sac en papier avec des poignées en tissu, à l’intérieur, la bouteille de gaz emballée dans du papier mousse. J’en reviens pas du contraste avec Décathlon, je trouve ça même carrément ridicule. La vendeuse a du se demander pourquoi j’étais aussi amusé.

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Bouteille en poche, nous prenons enfin le train pour aller aux pieds du mont Takao. On arrive le soir à 19h, il fait nuit et devinez quoi ? Il pleut ! On est censé monter en haut de Takao et y dormir…. Et bien c’est parti, on ne se décourage pas. Sous une pluie ininterrompue, nous commençons notre ascension, à la lumière de la lune et dans le brouillard. Je n’ai pas réussi à faire de photo qui rende correctement l’atmosphère du lieu, mais outre la pluie, c’était vraiment mystique comme ambiance. Les arbres, le brouillard et la lumière de la lune qui filtre à travers les branches des hauts cryptomères.

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Après 2 heures d’ascension, nous arrêtons à une station de téléphérique.

P1110044On a dormi à gauche

On déballe les sacs de couchage sur une plateforme à l’abri de la pluie, et dodo.
Le lendemain matin, après une nuit de sommeil en pointillés (on avait peur de se faire jarter par un veilleur) :

P1110046P1110048 P1110051au loin, la Skytree

(Uploadé de Nennekoya à Hakone)

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8 réflexions sur “Fin de la première manche

  1. C est pas très pertinent comme commentaire mais tant pis… Je suis tombée sur ton article pdt une insomnie pr le coup heureusement que tu écris de longs articles et la fin de chacun je me dis toujours : la suite! La suite! Quel sketch pr une simple bouteille de gaz lol

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  2. Hey hey hey !
    Contente savoir de vos nouvelles ! Je me suis bien marrée en lisant la quête de la bouteille de gaz ! J’espère que vous profitez de tout malgré la pluie.
    Gros es bises et lèches des chats.

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  3. bon on vous suis de pres mais quelle aventure pour une bouteille de gaz
    surtout une fois vide conserver la comme une relique lol !!!!

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  4. Les vide-greniers en ce moment dans le coin, c’est pas ce qu’il y a de meilleur… des produits vendus limite le prix d’origine, des vêtements par milliers :/ Et on n’est pas au centre de Tokyo :p

    Les himitsu bako, j’en avais entendu parler aussi mais jamais vu une seule (sauf en vidéo, ou le type faisait tout un tas de manip pour en ouvrir une). Bien négocié !

    Tiens vous avez revu Naoya ? (c’est bien celui qui passait souvent au Nyanko hein ?)

    « nous sommes allés demander au koban (poste de police de quartier) le plus proche – vu qu’ils ne servent pratiquement qu’à ça – » Ouuuh !

    « En effet, je dois traverser tout le 1er étage (RdC pour les Français) » –> J’ignorais qu’ils n’avaient pas de notion de « RDC »

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    1. En fait leur système d’étage est calqué sur les Anglais (ou Américains, je ne sais plus) où la notion est en « niveau » et non en étage. Le rdc est donc le 1er niveau, le 1er étage est le 2nd niveau, etc…
      Oui Naoya c’est bien lui qui venait souvent ^^
      Pour les koban, c’est la vérité. Comme y a pas de crimes au Japon, leur fonction est réduite à donner la direction ou aider à réparer un pneu de vélo.

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