Promenons-nous dans les bois

Chers lecteurs,

Préparez-vous un café et un sandwich car ce sujet m’intéresse beaucoup et il y a tant de choses à dire.

Je vous ai déjà présenté comment trouver un hôtel dans Tokyo pour un prix raisonnable, ainsi que quelques onsen au plus près de la Nature.
Cette fois-ci, je m’attaque à la randonnée.
Le Japon est un pays vert, même très vert car la forêt est présente sur l’ensemble du pays. Et oui, puisque 70% de la surface du Japon est composée de montagne, empêchant la construction des villes, il n’y a pas loin à aller pour prendre un bol d’air. Même depuis le centre de Tokyo, il n’y a que 45 km pour atteindre le Mont Takao offant même, par temps clair, un vue sur le Monf Fuji (en japonais : Fuji-san et surtout pas Fuji-yama !).
Donc, toute cette verdure se prête bien à la randonnée, ce qui explique peut-être pourquoi les Japonais sont si bons randonneurs.

De toutes les randonnée existantes et possibles, quelques unes se détachent du reste.
Tout d’abord les 88 Temples de Shikoku, qui est plutôt un pèlerinage (le livre indispensable => ici). C’est un peu le Chemin de Compostelle japonais ; il suit les pas du moine bouddhiste Kôbô Daishi, celui-même qui à créé le sanctuaire du Koya-san, c’est pour dire. Le Pèlerinage fait le tour de l’île de Shikoku sur plus de 1200 km, en passant par les 88 temples (+ 40 secondaires) construits pour commémorer son passage. Il se fait en 40 à 50 jours de marche. Mais cela fait plus de 1200 ans que Kôbô Daichi est passé par là et le paysage a changé ; désormais le pèlerinage se fait pour 70 % sur des routes goudronnées. Mais pas d’inquiétude, vous ne seriez pas pour autant à marcher dans de grandes agglomérations ou le long d’autoroute, nous sommes à Shikoku ici !
Il est possible de finir le pèlerinage en allant jusqu’au Koya-san, là ou Kôbô Daishi est entré en méditation prolongée depuis le 8e siècle.

Pour rester dans les routes mythiques, le parcours qui vient à l’esprit lorsque l’on remonte dans l’histoire, c’est le Tôkaidô. Cette route, que vous connaissez certainement, est la plus connue des voies de communications au Japon. Elle a été créée vers 1600 par Ieyasu Tokugawa pour relier Kyôto à Tôkyô ; c’est la plus importante des 5 Routes construites à l’époque. Son importance est telle qu’elle a inspiré d’innombrables romanciers, cinéastes et surtout Utagawa Hiroshige qui l’a immortalisée par ses estampes.
Quel agréable voyage que de refaire, 400 ans plus tard, les 20 jours de marche passant par les 53 étapes du Tôkaidô, à travers l’Histoire et les estampes.
Hélas, il va falloir que je coupe court à vos rêveries. Car là encore le temps est passé,  mais contrairement au Pélerinage de Shikoku, le Tôkaidô passe par 6 des 7 plus grandes villes du Japon, soit plus de 24 millions d’habitants, et forcément, ça laisse des traces. La route du Tôkaidô n’existe tout simplement plus. Pour 80 % du trajet, elle a été remplacée par une autoroute (du même nom), pour 15 % vous serez dans des zones urbaines et pour les 5 % restant, ce sera une agréable ballade dans la montagne.

Pour les plus passionnés d’entre vous, il sera tout de même possible de le faire à pied, encouragé par les stèles présentant les estampes d’Hiroshige, ponctuant le parcours, à l’emplacement des anciennes étapes.
À part en voiture ou éventuellement à vélo, aucun Japonais ne vous conseillera de faire cette route : il vous conseillera d’avantage la Nakasendô, une autres des 5 Routes de l’ère d’Edo. Elle aussi est historique et relie Kyôtô à Tôkyô mais (comme son nom l’indique) elle passe plus au Nord, dans les montagnes et est quant à elle beaucoup plus propice à la grande randonnée. Comptez, comme le Tokaidô, environ 600 km, sur du bitume mais cette fois-ci à travers la montagne.
Si vous tenez vraiment à éviter les zones urbaines mais que vous souhaitez tout de même vous rendre de Tôkyô à Kyôto, il n’y plus qu’une solution : le Tokaishi Zen Hodo (cliquer sur les photos). Là, c’est extraordinaire : des chemins de terre battue parcourant les zones montagneuses, suivant les crêtes, offrant des panoramas jusqu’à l’horizon. C’est le Japon, côté Nature qui s’offre à vous, sans touriste, sans bruit.
Il faudra tout de même faire de la ville au départ pour quitter Tôkyô et à l’arrivée à Kyôto, mais si vous n’êtes pas trop pressés, c’est 60 jours de marche et 1500 km qui vous attendent. (ici aussi)

Ah, je vois tout de suite votre déconvenue face à ces 60 jours de marche, j’avoue que je me suis laissé emporter. Je vais plutôt, dans ce cas-là, vous proposer quelque chose de plus « raisonnable » sans pour autant perdre cette proximité avec la nature : Kumano Kôdô.
Kumano Kôdô est située sur la Péninsule de Kii, au Sud de Ôsaka. C’est un peu le même principe que le Tokaishi Zen Hodo mais avec moins de sommets et de crêtes. La route fait partie d’un réseau, dont le Koya-san fait partie aussi, qui a pour point central le sanctuaire Kumano Hongu Taisha. À partir de Tanabe, sur la côte ouest, la Kumano Kôdô est la partie la plus célèbre du réseau. Elle ne dure que 2-3 jours pour atteindre le centre de la convergence des différentes routes de la péninsule. 2-3, ce serait un peu court (mais déjà pas mal) donc pourquoi pas repartir vers le Koya-san ou le sanctuaire d’Ise Jingu. Ce dernier empreinte la Iseji le long de la côte Est et prend environ une semaine pour arriver à Ise et son sanctuaire, le terminus (qui est en fait un point de départ pour Kumano Hongu Taisha).

À cela et pour finir, je ferai un petit détour (!) en vous rappelant que les routes japonaises sont plutôt bien adaptées au vélo et que les Japonais en sont adeptes et bien équipés pour. Ainsi pour les étrangers, il est tout à fait possible de louer (ou d’acheter) un vélo. Il est parfois possible de louer un vélo dans une ville et de le rendre dans une autre comme pour la traversée du Pont de Seto. (Et ici)
Sinon pourquoi ne pas entamer une traversée du Nord au Sud du pays en 39 jours et 2540 km ?

Et bien, voilà pour vous de quoi prendre l’air entre deux mégalopoles. Tout en vous prenant pour un pèlerin ou un marchant de la période d’Edo, vous pouvez découvrir le pays de l’intérieur, rencontrer des Japonais authentiques, et épater les Japonais à qui vous raconterez vos périples.

C’était un peu long je sais. Je ne le referai plus, promis.

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